SCPI et Coronavirus

Alors qu’apparait en décembre 2019 le premier cas de Covid-19, la population mondiale ne s’attendait pas à une telle secousse.

Alors que l’économie publique française est fortement touchée, le gouvernement estimait déjà à 70 milliards d’euros les pertes de rentrées fiscales par rapport à ce qui était envisagé avant la crise.

La question qui se pose alors est de savoir si les SCPI ont échappé à ce bouleversement économique ?

Le rendement des SCPI

Attirés par les rendements élevés, les investisseurs ont été séduit par les SCPI qui offrent une facilité d’accès (pour tous ceux qui disposent de moyens puisque l’entrée comporte 10% de frais). Cela se traduit par l’acquisition de parts d’une société en France ou à l’étranger, en contrepartie il reçoit des dividendes.

En 2019 ce système a engendré 8,1 milliards d’euros preuve de l’engouement démontré par un taux de rendement moyen des SCPI en 2019 de 4,40 %. Ce qui est 6 points de plus qu’en 2018.

Le taux de rendement moyen des SCPI en 2020 était de 4,18%. Un chiffre inférieur à celui de l’année précédente.

Cependant, derrière ces chiffres se cache une forte disparité, en effet la plus performante étant de 10,40% et la moins performante 0,38%.

De fait, dans un premier temps les plus touchées sont les SCPI de bureaux et de commerce ce qui semblent logique. Cependant lorsque l’on s’attarde sur cette baisse on constate que la vague était impressionnante mais n’a pas aussi violente que prévue.

En effet, dans un premier temps les secteurs commerciaux impactés ont pu bénéficier de l’aide étatique et dans un second temps la majorité des SCPI ont conclus un accord avec les entreprises du report des loyers. Elles rattraperont donc dans un futur proche les loyers reportés ce qui reconstitueras leur réserve entamée.

Globalement les SCPI sont restées d’excellents investissements comparés au livret A qui avoisinait les 0,5% en février 2020 et soumis à un plafonnement.

Il en va de même de l’assurance vie avec un taux moyen de 1,10%.

Valorisation des parts

Les SCPI ont su séduire les Français grâce à l’investissement en parts.

Ainsi il est possible de devenir propriétaire d’un parc immobilier diversifié rentable sans aucun souci de gestion.

On peut constater en revanche que, malgré cette baisse de rendement il perdure une certaine stabilité.

En effet, sur 102 SCPI seules 12 ont connu une baisse du prix de leurs parts.

Ces baisses de prix des parts est une conséquence directe du confinement, d’une période très longue il semble donc logique que les marchés immobiliers liés au tourisme, hôtel, et commercial soit touchés de manière violente.

Toutefois le secteur immobilier de bureau semble être plus épargné par le tsunami.

Télétravail, un impact ?

Le télétravail a été la norme en 2020, il a été difficile à mettre en place mais les entreprises se sont adaptées.

Elles préfèrent réaménager les bureaux ou au contraire investir dans des locaux pour offrir un espace plus grand répondant aux normes sanitaires. Il est donc quasi certain que les SCPI adapteront leurs offres pour répondre à une demande croissante.

Elles ont déjà assiégé les grandes métropoles et s’attaquent désormais à la province dû notamment à la fuite des citadins au grand air fuyant les grandes villes bétonnées.

La demande ne va faire qu’accroitre, elles n’ont donc aucune crainte à avoir du télétravail.

De surcroit, les SCPI les plus clairvoyantes ont sût anticiper le développement du e-commerce et par extension les besoins en locaux de logistiques.

Cette demande s’est faite encore plus forte avec le confinement ce qui a donné lieu à l’explosion des ventes en lignes.

Privilégiez les SCPI thématiques

De plus ses atouts majeurs sont des secteurs d’investissements thématiques ce qui séduit énormément les investisseurs.

De surcroit, ces thématiques sont dotées d’un fort pouvoir attractif puisqu’elles touchent des secteurs d’avenir tel que :

  • la santé,
  • l’environnement,
  • l’Europe,
  • ou encore le e-commerce qui s’est particulièrement développé avec la crise sanitaire, et est en recherche de perpétuelles nouveautés.

Mais alors pour continuer à tirer de tel rendement certaines SCPI ont dû piocher dans leur report à nouveau.

Le RAN (report à nouveau)

Parfois mentionné sous l’acronyme RAN, le report à nouveau d’une SCPI est un terme utilisé en comptabilité. De manière simple, il équivaut, au cours d’une année considérée, au bénéfice ni distribué ni mis en réserve. Il peut être utilisé pour lisser de moins bons résultats observés au cours des années suivantes.

Il peut être légitime de s’interroger si cela n’a pas créé une instabilité pour ces dernières.

A première vue on pourrait croire que les SCPI ont subit une attaque de plein fouet de leur réserve avec les fermetures et restrictions sanitaires.

Comme nous l’avons vu plus haut, la majorité des SCPI ont conclus un accord avec les entreprises du report des loyers.

De plus la faillite de certaines entreprises, la négociations des baux commerciaux, les fins de baux non renouveler dans ce contexte économique sont d’autant de facteurs négatifs qui peuvent avoir générés un impact sur les rendements.

Pour garder ses clients, et aligner un rendement « au prix de marché » les SCPI ont naturellement du piocher dans leurs réserves.

RAN des SCPI en 2020 (exprimé en mois)

Conclusion

Pour conclure les SCPI restent un bon choix d’investissement fructueux qui a fait ses preuves lors d’une crise.

Les SCPI restent un excellent véhicule d’investissement pour acquérir de l’immobilier sans les inconvénients « classiques » puisqu’elles offrent un couple rendement / risque très sécurisant.

Cependant, le choix entre les différentes SCPI devra être minutieusement étudiées puisque certains secteurs ont été fortement impactés par la crise.

Il faudra donc surveiller minutieusement les bilans notamment le RAN.

Veuillez opter pour des SCPI thématiques ou des SCPI connues qui bénéficient d’un rayonnement majeur.

Article écrit par Léa Fontana.

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